Aider les entreprises du secteur du Bâtiment en Île-de-France à mieux recruter en réalisant une Gestion prévisionnelle des Emplois à Court Terme (GPECT)

Les instances paritaires du bâtiment en Île-de-France, confrontées à des pénuries importantes de main d’œuvre, ont décidé de mettre en place un outil de GPECT.

Nous leur avons proposé pour cela de développer un outil dédié à partir de notre plateforme Komète. Celle-ci exploite des bases de données multiples (publiques et privées) pour anticiper des évolutions économiques (voir focus ci-dessous), identifier des besoins en emploi, en compétences, en formation et aider des branches à faire face aux tensions au recrutement qu’elles connaissent.

Pour le secteur du bâtiment, l’outil Komète a notamment activé ses outils de machine learning (analyse de données passées et prévisionnelles) sur plusieurs bases de données généralistes ou sectorielles : DARES, BMO, offres d’emploi publiées ou encore données mensuelles issues de la Caisse des Congés Payés du BTP qui permettent de connaitre avec précision l’état de l’emploi (besoins en recrutement, métiers et compétences critiques) dans le secteur. A partir de ces données, Komète a calculé un indice composite de tension par métier à court et moyen terme.

FOCUS (les analyses suivantes portent sur des données économiques (chiffre d’affaires) issues de l’outil Komète).

Chiffre d’affaires annuel par IDCC
Chiffre d’affaires annuel par IDCC (bâtiment ouvrier toutes tailles d’entreprise, 1596 et 1597)
Source INSEE, traitement KYU

Le début de l’année 2020 marque un recul important, mais conjoncturel, du chiffre d’affaires du secteur du bâtiment, qui repart à la hausse dès la fin de l’année.

Le secteur a été durement touché par la crise du fait des arrêts de chantiers lors du premier confinement (- 20% de chiffres d’affaires au T2 2020). Par rapport au même trimestre en 2019, le bâtiment accuse au T2 2020 une baisse de 22% de son chiffre d’affaires.

Dès le trimestre 3, le chiffre d’affaires du secteur repart à la hausse (+ 23% vs. T2 2020). Le trimestre 4 confirme cette tendance et dépasse même la moyenne de chiffre d’affaires réalisé par trimestre en 2019 (4 Mds€ en moyenne en 2019, vs. 4,1 Mds€ au T4 2020). L’année 2021 confirme cette dynamique, puisque les moyennes de chiffre d’affaires trimestrielles du secteur dépassent déjà de 3% celles de 2019.

Malgré ces chiffres rassurants, il convient de rester prudent.

Le secteur connaissait avant la crise sanitaire un essor économique. Entre 2015 et 2019, les taux de croissance annuels du secteur du bâtiment étaient de plus de 5%. Sur cette période, le chiffre d’affaires du secteur a même augmenté de 21%, passant de 13,3 Mds€ en 2015 à 16 Mds€ en 2019.

Si en 2021 le secteur peut s’appuyer sur cette dynamique, d’autres éléments peuvent venir perturber sa bonne santé dans les prochains mois, notamment les difficultés d’accès aux principaux matériaux de construction et/ou retards de livraison, les tensions au recrutement, etc. Historiquement, il faut aussi noter que le bâtiment avait connu 3 années de décroissance (- 1% par an en moyenne entre 2012 et 2015) après la crise de 2008.

La reprise économique du secteur en 2021 reste donc à surveiller dans les prochains mois, pour déterminer si elle illustre une faculté de croissance à long terme ou non.

Chiffres des créations/radiations d’entreprises par IDCC
Chiffres des créations/radiations d’entreprises par IDCC (bâtiment ouvrier toutes tailles d’entreprise, 1596 et 1597)
Source Infogreff, traitement KYU